L’histoire politique du Sénégal a toujours été marquée par des épisodes tragiques et des zones d’ombre demeurées floues et non élucidées. Celle opposant Léopold Sédar Senghor à Mamadou Dia est sans doute l’une des plus marquantes.
Sans verser dans la révélation historique, je m’abstiendrai, pour l’instant, de livrer mon opinion personnelle sur ces événements politiques profondément dramatiques. En revanche, je souhaite, à travers ce texte, formuler quelques remarques à partir de l’œuvre autobiographique du président Mamadou Dia qui, dans une posture résolument victimaire, s’en prend au Mouridisme et à son khalife d’alors, El Hadji Falilou Mbacke.
Dans cet ouvrage, Mamadou Dia affirme avoir octroyé un prêt de plusieurs centaines de millions de francs, qui aurait permis l’inauguration, dans de brefs délais, de la Grande Mosquée de Touba le 7 juin 1963.
Quelle ironie !
Fort heureusement, l’histoire de la construction de la Grande Mosquée de Touba est abondamment et rigoureusement documentée. Depuis le ndigël de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke, qui s’était personnellement engagé à sa réalisation et lança une vaste collecte de fonds auprès des Mourides, lesquels avaient déjà mobilisé, de son vivant, plus de cinq millions de francs, jusqu’à son premier khalife, Cheikh Modou Moustapha Mbacke, et à l’achèvement de l’édifice sous Serigne Fallou Mbacke, tout a été minutieusement retracé.
Or, dans l’ensemble des archives disponibles, aucune mention ne fait état d’un quelconque prêt accordé par l’ex-BAO, encore moins garanti par l’État du Sénégal. Force est donc de constater une incohérence manifeste : comment un prêt d’une telle envergure aurait-il pu être contracté sans la moindre preuve tangible ? Il aura fallu la seule mémoire de Mamadou Dia pour en révéler l’existence, lui qui affirme pourtant ne pas vouloir en parler comme s’il s’agissait de son propre argent.
Par ailleurs, un prêt n’est pas un don. Qui aurait donc remboursé cette somme ? Selon quelles modalités ? À quelles échéances ? Pourquoi aucun proche du khalife n’en a-t-il jamais fait mention, alors même que toutes les dépenses liées à la construction de la Grande Mosquée ont toujours fait preuve d’une transparence évidente ?
Il convient également de rappeler que la mosquée de Touba a été inaugurée trois ans seulement après l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Autant de questions qui m’amènent à douter sérieusement de l’assertion avancée par Mamadou Dia.
Certes, la posture de Serigne Fallou Mbacke a toujours été constante : il n’a jamais varié dans son soutien de principe au président Senghor. C’est probablement cette constance qui a nourri une certaine frustration chez les disciples de Mamadou Dia, les poussant aujourd’hui à entreprendre une réécriture opportuniste de l’histoire.
D’ailleurs, une vidéo récemment devenue virale a mis en scène un individu, à l’inculture confondante, tenant des propos pour le moins controversés, allant jusqu’à accuser le khalife d’avoir été complice d’un prétendu complot contre Mamadou Dia. Quelle contre-vérité odieuse !
Dans Mémoires d’un juge africain, Ousmane Camara, procureur général lors du procès de Mamadou Dia, relate avec rigueur, justesse et objectivité l’ensemble des faits ayant opposé ces deux figures politiques.
Animés par un sentiment exacerbé de victimisation, certains cherchent aujourd’hui à jeter le discrédit sur nos devanciers religieux. Une démarche inacceptable. Car pour l’honneur, et pour la postérité , nous nous engageons pour le rétablissement des vérités historiques
Serigne Fallou Mbacke rue 10
Expert en Relations et Coopérations internationales
Spécialiste en Diplomatie économique
Sans verser dans la révélation historique, je m’abstiendrai, pour l’instant, de livrer mon opinion personnelle sur ces événements politiques profondément dramatiques. En revanche, je souhaite, à travers ce texte, formuler quelques remarques à partir de l’œuvre autobiographique du président Mamadou Dia qui, dans une posture résolument victimaire, s’en prend au Mouridisme et à son khalife d’alors, El Hadji Falilou Mbacke.
Dans cet ouvrage, Mamadou Dia affirme avoir octroyé un prêt de plusieurs centaines de millions de francs, qui aurait permis l’inauguration, dans de brefs délais, de la Grande Mosquée de Touba le 7 juin 1963.
Quelle ironie !
Fort heureusement, l’histoire de la construction de la Grande Mosquée de Touba est abondamment et rigoureusement documentée. Depuis le ndigël de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke, qui s’était personnellement engagé à sa réalisation et lança une vaste collecte de fonds auprès des Mourides, lesquels avaient déjà mobilisé, de son vivant, plus de cinq millions de francs, jusqu’à son premier khalife, Cheikh Modou Moustapha Mbacke, et à l’achèvement de l’édifice sous Serigne Fallou Mbacke, tout a été minutieusement retracé.
Or, dans l’ensemble des archives disponibles, aucune mention ne fait état d’un quelconque prêt accordé par l’ex-BAO, encore moins garanti par l’État du Sénégal. Force est donc de constater une incohérence manifeste : comment un prêt d’une telle envergure aurait-il pu être contracté sans la moindre preuve tangible ? Il aura fallu la seule mémoire de Mamadou Dia pour en révéler l’existence, lui qui affirme pourtant ne pas vouloir en parler comme s’il s’agissait de son propre argent.
Par ailleurs, un prêt n’est pas un don. Qui aurait donc remboursé cette somme ? Selon quelles modalités ? À quelles échéances ? Pourquoi aucun proche du khalife n’en a-t-il jamais fait mention, alors même que toutes les dépenses liées à la construction de la Grande Mosquée ont toujours fait preuve d’une transparence évidente ?
Il convient également de rappeler que la mosquée de Touba a été inaugurée trois ans seulement après l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Autant de questions qui m’amènent à douter sérieusement de l’assertion avancée par Mamadou Dia.
Certes, la posture de Serigne Fallou Mbacke a toujours été constante : il n’a jamais varié dans son soutien de principe au président Senghor. C’est probablement cette constance qui a nourri une certaine frustration chez les disciples de Mamadou Dia, les poussant aujourd’hui à entreprendre une réécriture opportuniste de l’histoire.
D’ailleurs, une vidéo récemment devenue virale a mis en scène un individu, à l’inculture confondante, tenant des propos pour le moins controversés, allant jusqu’à accuser le khalife d’avoir été complice d’un prétendu complot contre Mamadou Dia. Quelle contre-vérité odieuse !
Dans Mémoires d’un juge africain, Ousmane Camara, procureur général lors du procès de Mamadou Dia, relate avec rigueur, justesse et objectivité l’ensemble des faits ayant opposé ces deux figures politiques.
Animés par un sentiment exacerbé de victimisation, certains cherchent aujourd’hui à jeter le discrédit sur nos devanciers religieux. Une démarche inacceptable. Car pour l’honneur, et pour la postérité , nous nous engageons pour le rétablissement des vérités historiques
Serigne Fallou Mbacke rue 10
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